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La femme en vert

NOTE DE LECTURE

AUTEUR: Arnaldur Indridason

DATE: 04 septembre, 2017

CATEGORIE: Romans

EDITEUR: Points Seuil

Par Béasihono

Arnaldur Indridasun, auteur islandais, plusieurs de ses nouvelles reprennent  la même équipe de détectives.

J'ai rapidement mordu à ce roman policier où les personnages se mettent dès le début en place.  J'ai eu le sentiment de plans rapprochés comme dans un film.

Le livre s'ouvre sur une fête d'anniversaire d'enfants où un bébé est en train de mâchonner "quelque chose" qui va se révéler être un bout d'os humain... le ton est donné. Il s'avère que c'est le grand frère héros de la fête qui a trouvé ce bout d'os dans un chantier tout proche, os qui fait partie d'un squelette humain dont il n'est pas possible de préciser le sexe tant qu'il n'est pas dégagé, ce qui va prendre un bon bout de temps, presque tout le roman.

Puis le zoom est dirigé sur des violences faites à une femme par son mari (on ne saura son prénom qu'à la fin). Ce n'est plus un être humain, son identité étant niée par son tortionnaire qui l'abreuve d'injures et de mots plus insultants les uns que les autres devant leurs 3 enfants.  Il s'agit d'une scène insoutenable dont on ne sait pas si elle est contemporaine ou pas de la précédente.

Ensuite focus sur l'équipe de policiers chargée de l'enquête avec leurs heurs et malheurs et leurs passés respectifs qui viennent interférer. Notamment Erlendur qui "lâche" momentanément ses collègues pour répondre à l'appel au secours de sa fille - toxicomane enceinte - qui disparait et qu'il recherche avec ardeur (pour se faire pardonner l'abandon de ses enfants après le divorce d'avec leur mère ?) dans les bas fonds de Reykjavik  dont le côté sordide est dépeint avec force détails. Parallèlement on fait connaissance avec Sigurdur Oli lequel n'arrive pas à s'engager vraiment avec sa compagne qui souhaite mariage et enfants. Seul l'élément  féminin du groupe Elinborg ne parait pas avoir de problèmes personnels ou familiaux.

Enfin 4eme morceau de ce puzzle,  les framboisiers à côté desquels était enterré ce squelette et qui se trouvaient dans le jardin d'une maison qui a été démolie. Les recherches s'orientent vers le propriétaire  dont on apprend que la fiancée a disparu dans les années 1940 et se serait vraisemblablement jetée à la mer après avoir rompu. L'enquête semble donc s'enliser  car quelle est l'identité de ce squelette ? Plusieurs candidats ou candidates pourraient faire l'affaire. Pour le savoir il faudra attendre la fin du roman et pour les curieux ou curieuses lire ce policier qui connait de nombreux rebondissements et qui fait prendre conscience (si ce n'est déjà fait) que les violences conjugales se perpétuent depuis moult années  et que la société et les individus qui la composent ont bien souvent fermé les yeux. La fille de Margaret a, elle aussi, subi les violences verbales et physiques de son beau père. Elle a pu devenir psychologue et elle décrit le calvaire subi par sa mère et la famille en ces termes "Toute cette violence physique, toute cette souffrance et ces coups, ces os cassés, ces blessures, ces bleus, ces yeux au beurre noir, ces lèvres fendues, tout cela n'est rien comparé aux tortures que l'âme endure... Une terreur constante, absolument constante qui ne jamais faiblit. Son existence n'est que l'ombre de celle de son mari. Toute résistance l'abandonne et avec la résistance c'est aussi son désir de vivre qui s'évanouit".